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commissaire invité 2010: |
Daniel Baumann |
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Belle-Idée #2 - dès le 10 juin 2010 |
Le Cabinet des curiosités a changé de visage. De nouvelles œuvres, sorties des réserves ou réalisées par de jeunes artistes genevois (HEAD de Genève), engagent un nouveau dialogue avec les quelques œuvres qui subsistent du précédent accrochage.

De gauche à droite :
Marc Camille Chaimowicz, Haunted, Perhaps. Sometimes. 1986. Estampes
Tom J. Gramse, Titre et date inconnus. Techniques mixtes sur papier
Karen Alphonso, Ejyafjallajöküll. Dessin, 2010
Eugène Louis Martin. Titre et date inconnus. Huile sur toile
Gauche : photographie non identifiée
Droite : bas-relief en bronze non identifié
Fabien Duperrex Sans titre (structure en bois) et Guilherme Dietrich, Deux semaines
(dessins), 2010
Karen Alphonso Sans titre, 2010. Dessins (sur les vitres supérieures de la fenêtre)

Premier plan :
Fabien Duperrex, Sans titre, 2010. Structure en bois
Mobiles de l’Atelier des Cordiers
Sur la corniche :
Gianfredo Camesi, Titre inconnu, 1973. Série quatre gravures : une eau-forte (à gauche) et trois aquatintes
De gauche à droite :
Estampe non identifiée
Photographie du Pr Alcide Jentzer (directeur de la Maternité de 1899 ä 1907)
Dinho Fernando, Madame Freud, 1997. Mobile de l’Atelier des Cordiers
Jean Fautrier, Petit Nu B, 1947. Eau-forte
Luginbühl, Titre inconnu 1967. Estampe
Huile sur toile non identifiée, 1901
De gauche à droite :
Denis Roche, Orta, Italie, Hôtel San Rocco, chambre 131. 25 avril 1992, 1993
Mathieux Dafflon, Sans titre, 2010. Peinture sur toile
Vivian Kassel, Sans titre, 2010. 4 petites sculptures
Mathieux Dafflon, Sans titre, 2010. Dessins
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Accrochage n° 3 -mai 2010 |
La série des Correspondances et l’œuvre Confidences des quatre éléments de
Chérif Defraoui ont retrouvé leur place dans le bâtiment des admissions1.
Elles ont été remplacées par quatre œuvres de Gianfredo Camesi, qui décorent
habituellement une salle du centre de direction.

Comme le dévoilait une gravure retrouvée en double-fond dans l’un des cadres, il
s’agit d’une série de trois aquatintes et d’une eau-forte.
Les trois aquatintes, portant les lettres A, B et C, forment un triptyque. Elles se
distinguent de l’eau-forte par leurs aplats de couleur.
Gianfredo Camesi a développé un langage codé qui s’exprime sous la forme de
signes, de symboles. La série présentée ici est une déclinaison des mêmes
motifs : un nuage surmontant ou se superposant à une forme plus abstraite.
Tantôt ces motifs surgissent en aplats colorés, tantôt ils apparaissent par un trait
ou disparaissent dans le creux de la feuille.
On peut imaginer que la forme verte du deuxième volet du triptyque jaillit du
mur. L’œuvre s’intègre parfaitement dans ce décor, comme si la couleur de la
corniche du Cabinet des curiosités avait été choisie pour cette série. Une nuance
très proche de ce vert sapin recouvre d’ailleurs les murs de la pièce dans laquelle
se trouvaient jusqu’alors ces gravures. Ce qui, dans ce cas, n’est certainement
pas un hasard…
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Accrochage n° 2 - avril 2010 |
Comme dans tout cabinet de curiosité, la présence et la disposition de chaque
œuvre a un sens aux yeux de ceux qui l’aménagent. L’ajout d’œuvres est aussi
le résultat d’une réflexion. Voici quelques clés pour comprendre la démarche qui
a mené à l’accrochage actuel.
Le Lyskamm, suspendu à l’entrée du Cabinet des curiosités est l’œuvre d’un
artiste genevois, Albert Lugardon.
Ce tableau est très important pour les HUG : il s’agit du premier don reçu par
l’institution afin d’en décorer les murs. Comme l’indique le cartel apposé au bas
du cadre, le peintre lui-même offrit son œuvre à l’Hôpital. A l’origine de la
collection des HUG, Lugardon fut aussi précurseur dans la politique de décoration
de l’Hôpital. En effet, il organisa en 1895 une action artistique qui visait à
embellir les salles par la présence de plusieurs tableaux.

La collection des HUG, dont le Cabinet des curiosités offre un aperçu, doit
beaucoup à la générosité de donateurs. Elle est aussi constituée d’œuvres
acquises par l’Hôpital sous l’impulsion des chargés des Affaires culturelles.
C’est ainsi que deux œuvres réalisées par des patientes du CREAHM (CREAtivité
et Handicap Mental) ont été achetées par les HUG. Cette acquisition fait suite à
une exposition de cinq artistes du CREAHM à l’Hôpital de Bellerive entre fin
2009 et début 2010.
Dans le Cabinet des curiosités se trouvent donc face-à-face la première et les
dernières œuvres entrées dans la collection des HUG. Elles sont ici comme des
bornes qui en délimitent l’étendue. Toutefois ces limites sont temporaires, elles
changeront dès lors qu’une nouvelle œuvre entrera dans la collection.

Nouvellement exposé dans le Cabinet : un tableau dont nous ignorons presque
tout. Seule la date de sa réalisation, 1901, est clairement lisible et nous permet
de le rattacher à une époque précise. Une recherche est en cours pour retrouver des éléments à son sujet. Dans cette attente, le tableau est exposé aux regards des visiteurs du Cabinet des curiosités.
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Accrochage n° 1 - mars 2010 |
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Confidences de Belle-Idée / n°2
Le Cabinet des curiosités a rouvert ses portes à Abraham Joly il y a quelques jours. Le long de la toute nouvelle corniche blanche sur fond vert sapin, les premières œuvres ont pris place. Les premières estampes, devrais-je dire, car il s’agit du fil rouge de ce nouvel accrochage. Et pour commencer, honneur à la création des années 1970 autour de la production de jeunesse de Chérif Defraoui. Cependant, créant le contraste et dynamisant la sélection, quelques estampes postérieures et antérieures ont été intégrées. Parmi celles-ci, une œuvre qui n’attend que ces lignes pour se dévoiler : la petite eau-forte de Fautrier...
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Confidences de Belle-Idée / n°1
Voilà déjà un mois que j’ai posé mes valises à Genève. Etudiante en gestion des patrimoines à Quimper, en France,
c’est à Belle-Idée que j’ai choisi de faire mon tout dernier stage, au service des Affaires culturelles.
Jour après jour, je lève le voile sur des énigmes, recueille des secrets enfouis à l’intérieur des œuvres…
Ces Confidences de Belle-Idée seront ma manière de transmettre ces découvertes, de les sortir de l’ombre.
Premières confidences…
Tout commence dans ce pavillon rose situé à l’entrée du domaine et qui abrite, depuis un an, le Cabinet des curiosités.
Cet atypique lieu d’exposition, je l’ai découvert dans sa version initiale, en juillet dernier et je le retrouve dans un état de mutation.
Plus tout à fait le même, et pas encore renouvelé. Bientôt de nouveaux commissaires d’exposition vont repenser
cet endroit, le modifier et le faire vivre différemment. J’arrive alors que tout va se recréer, avec la possibilité d’animer
cet espace moi aussi.
Le service des Affaires culturelles, qui occupe ce bâtiment rose, est chargé, entre autres missions, de gérer la collection d’œuvres d’art appartenant aux Hôpitaux universitaires de Genève. En intégrant l’équipe pour un stage de cinq mois en conservation du patrimoine, je participerai à la valorisation de cette collection. Ma mission sera tout d’abord de compléter l’inventaire, de repérer les œuvres et de les photographier pour enrichir la base de données. Mais surtout, il s’agira pour moi d’engager un travail de recherches, sur ce patrimoine autant que sur sa valorisation, que je pourrai transmettre via le Cabinet des curiosités. Quant aux sujets de ces études, ils seront fonction des opportunités, des coups de cœur, des envies, des questionnements qui se feront jour…
<LIRE LA SUITE> |
Dès mars 2010 le Cabinet présente ses nouvelles couleurs sous l'impulsion de Leila Amacker,
vous y découvrirez les travaux de recherche en patrimoine de Julie Mazé à commencer par
une magnifique présentation des gravures de Chérif Défraoui dans nos collections,
de nouvelles publications enrichissent notre bibliothèque et sont mises à votre disposition,
les réalisations de l'atelier des Cordier autour du monde du Cirque,
ainsi que quelques perles sorties de l'ombre de nos dépots,
et la restauration du tableau de Dominique Appia. |
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::::: ARCHIVES 2009 :::::
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commissaire invité 2009: |
Claude-Hubert Tatot |
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LE CABINET EST OUVERT!!!
NOUS VOUS RETROUVONS DES MARDI 8 SEPTEMBRE
POUR UNE DISCUSSION AVEC CLAUDE-HUBERT TATOT |
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DIscussions publiques |
8 septembre 2009
De l'appartement de Marcel Cristin au cabinet des curiosités
Claude-Hubert Tatot, enseignant à la HEAD
6 octobre 2009
L'appartement reconstitué
exemple de l'appartement de Ghislain Mollet-Viéville au Mamco
Valérie Mavridorakis, professeure à la HEAD
17 novembre 2009
Le cabinet des curiosités
Danielle Buyssens, conservatrice au MEG Musée d'ethnographie
Un mardi par mois discussions publiques à 18h30 au Cabinet des curiosités
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inauguration du Cabinet des curiosités le 1er juillet 2009 |
Cette exposition évolutive présente des œuvres des collections des HUG,
du Fonds Cantonal d’art contemporain, Genève, du Fonds Municipal d’art contemporain, Genève,
des installations réalisées in situ, des œuvres prêtées par les artistes et par Marcel Christin.
Emmanuelle Antille, Michel Auer, Jacques Berthet, Valérie Besson,
Siripoj Chamroenvidhya,
Adrien Chevalley, Franz Eggenschwiler,
Pascale Favre, Pierre Frachebourg,
Pierre-Philippe Freymond,
Gilbert Gendre, Christian Gonzenbach, Luigi Guglielmi,
Suzanne Hetzel,
Tito Honegger, Cathy Karatchian, Vincent Kohler,
Antonio Masolotti,
Tony Morgan, Claire-Annette Mussard, Fabienne Radi, Mickael Roy, Ambroise Tièche, Alexia Turlin, Pierre Vadi, Jean-Luc Verna, Cyril Verrier.
Concert dès 19h avec :
Jean-Luc Verna
DOMESTIC HEROES UTD :
Anita // Cancelled // Buvette // GB // BadTripInc





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Tito Honegger |
Tito Honegger dessine et sculpte. Elle cultive la forme jusqu'à l'épure et modèle l'encre typographique jusqu'au foisonnement. Ses sculptures sont légères, ses monotypes denses.
Tito Honegger convoque en permanence l'homme et la nature, elle leur emprunte des structures et des formes qu'elle interprète et épure.
Tito Honegger capte le mouvement des eaux du torrent, rend l’empilement chaotique du pierrier et au loin la silhouette des cimes de la montagne enneigée. Les cailloux ronds et polis sont charriés de place en place, de feuilles en feuilles, une eau noire éclabousse de reflets gris argenté et de bouillons blancs. Pour obtenir ces effets Tito Honegger étale de l'encre typographique sur une plaque de verre. La matière est façonnée au rouleau et au doigt, griffée, allégée et enrichie de touches claires et de valeurs sombres, avant d'être imprimée sur des feuilles de papier de soie ou japon. Cette technique par enlèvement et par ajout est analogue au modelage. Ce travail ne pourrait pas se faire directement sur le papier, son extrême fragilité ne supporterait pas ces opérations complexes sans être saturé, sans se froisser ni se déchirer. Mais par l'impression, il peut en recueillir et en présenter le résultat. La finesse de la feuille contraste alors avec la richesse des variations de matières.
Ces monotypes petits ou grands, paysager ou abstraits expriment la même énergie et la même attention, le souci de faire vivre la surface, de la découper en plans qui s'étagent sans créer de trouée, de travailler la densité des gris et des noirs, tour à tour mats ou brillants, tout en conservant sa légèreté au papier.
Le jardin qui apparaît parfois comme motif constitue la métaphore du travail tout entier. Ils ont en commun le retournement - celui de la terre cultivée et celui de l'image imprimée - et la lente préparation, en profondeur, aussi invisible que nécessaire pour que la surface s'anime.
Claude-Hubert Tatot |
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Alexia Turlin |
Alexia Turlin varie médiums et types d’interventions et se plait dans la diversité. Son travail se développe à travers le dessin, la vidéo, la sculpture, l’installation ou encore la rencontre. Cet éclectisme lui permet de mieux investir les différents champs de l’art et de donner forme à ses idées avec la plus grande pertinence plastique. L’œuvre se construit au grès des invitations, en prise directe et en interaction avec la réalité du moment. « Vivre sa vie », titre d’une exposition collective qu’elle a organisée aux halles de l’Ile en juillet 2004 fait figure de programme et résume pour partie une démarche qui prend en compte et intègre les situations et les spectateurs autant qu’elle distille un fond d’inquiétude propre à déranger notre tranquillité.
Alexia Turlin glisse encore sans cesse de la réalité vers la fiction. À ce titre, la montagne, récurrente dans son travail – et présentée au Cabinet des curiosités sous forme de cartes postales dessinées et assemblées en une ligne panoramique - tient autant du réel que de la métaphore.
Profondeur des gouffres, élévation des sommets, ses hauts et ses bas sont sources de vertiges, de malaise et de joie. Sublime, elle provoque des sentiments contradictoires. Cette ambivalence intéresse l’artiste. Elle dessine la montagne de mémoire, avant de dormir, comme un exercice spirituel. Elle réduit ce motif grandiose à de petites images en noir et blanc. Derrière la montagne décrite avec réalisme ou suggérée par fragments c’est la fragilité de nos existences qui pointe.
La vie et ses aléas traversent toute l’œuvre d’Alexia Turlin qui vis sa vie et fait de l’art, nourri l’un de l’autre et vis versa à la faveur des rencontres.
Claude-Hubert Tatot |
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Pascale Favre - Lieux de mémoire |
Pascale Favre développe un travail de mémoire, elle met en œuvre et traduit ses souvenirs, par l'écriture, le dessin et plus rarement des maquettes.
Architecte d'intérieure, diplômée de l'école des arts décoratifs de Genève, elle a réhabilité en appartements des bâtiments agricoles en Allemagne et dans le canton de Vau, avant d'entrer à l'école des Beaux-arts.
Elle garde de cette première formation un attachement pour l'architecture, l'agencement et la partition de l'espace et des savoirs, dont elle nourrit son travail artistique.
Elle sait décrire le bâti avec justesse, assembler et articuler différents points de vue dans une même feuille ou construire des maquettes. Cependant ses croquis, épures et volumes ne sont ni des projets à venir, ni des constructions imaginaires. Si elle travaille sur les intérieurs c'est bien du temps et de la mémoire dont elle se préoccupe.
Ses souvenirs et l'écriture sont aux fondements de tous ses travaux. Pascale Favre représente des lieux qu'elle a arpentés et ou elle a fait des rencontres. Ici elle a dansé; là sont rassemblés, recomposés et organisés sur la même page différents endroits parcourus avec une même personne...
Elle travaille par association d'idée et ses dessins procèdent de l'écriture. Les mots activent la mémoire et l'épuisent, appellent, rapprochent et fixent les souvenirs. Au fil des images mentales, elle reconstitue par bribes, avec ses manques et ses saillies une vision subjective de la réalité passée. Ces textes sont soit directement publiés, soit dessinés sur papier ou à même le mur. Elle ne laisse alors généralement que quelques mots ou une phrase en forme de titre qui précise l'ambiance.
L'architecture, les volumes intérieurs et quelques objets constituent de fragiles indices qui permettent de situer les lieux ou Pascale Favre a fait des rencontres. Paradoxalement et avec pudeur, elle ne met en perspective et en scène que l'espace, jamais aucun personnage n'est représenté, ils apparaissent en creux. Ils ont été là, n'y sont plus, se sont absentés pour mieux nous céder leurs places.
Claude-Hubert Tatot
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Jean-Luc Verna Paramour |
Ce monde du théâtre prolongeait le monde réel dans une farce grave.
Nana, Zola
Fondu au noir et maquillé comme une voiture volée
Jean-Luc Verna déplace et reprend tout en dégradé culture savante et populaire. Il trace à la pierre noire des histoires vieilles comme le monde, découpe, monte et raccorde mythes et illusions d'enfance. Il agrandit et abîme ses dessins à la photocopieuse puis les transfère au mur, sur de vieux papier ou des voiles. Il maquille enfin et rehausse de fards ces dessins de mémoire.
Tatoué d'étoiles des pieds à la tête, il se fait photographier dans des poses communes aux gloires de l'histoire de l'art et de la légende du rock.
Il puise encore au grand genre comme à l'ordinaire pour engendrer des hybrides et mettre en scène personnages fabuleux, fées squelettiques, supers héros, Siouxie, Niko et d'autres. Mouches, couronnes mortuaires, têtes de morts, candélabres, baguettes magiques et étoiles sont plus que des accessoires. Tout tourne vilain pour la Paramour, cinéma permanent, points de vue et images anémiées de notre monde et « The end » encadré de crânes n'arrête pas la projection. Sans fin, Jean-Luc Verna, fait feu de tous nos souvenirs, fouille les replis du corps et de la mémoire, fait émerger à la surface, les revenants. D'une touche de poudre libre aux senteurs fanées il flatte l'esprit, abolit les frontières et transpose l'irréel en des visions familières.
Ses dessins comme ses photos disent le corps, la séduction, le sexe autant qu'ils les mettent à distance. À mi-chemin entre l'histoire de l'art, son histoire et la nôtre, Verna crée des contes immoraux et des fables sans morale.
Solos, duos, trios ses chorégraphies entre danses macabres et étreintes amoureuses sont autant de vanités qui nous poussent à embrasser les crapauds et avaler les couleuvres plutôt que de renoncer aux sortilèges. Ironique, calqueur de rêve et fabriquant de cauchemars, c'est au fond du jardin des délices, que Verna bouture, marcotte, hybride, greffe et lie en gerbes ses fleurs du mal aux effluves capiteux de soufre, de rose et d'encens.
Claude-Hubert Tatot |
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Michael Roy - vidéo still

Jean-Luc Verna - Paramour

Siripoj Chamroenvidhya

Claire-Anette Mussard
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Présentation d'artistes contemporains |
Reconstituer l'appartement de Marcel Christin et, partant de là,
transformer l'espace Abraham Joly en cabinet de curiosités est une
fantaisie. Une improbable fiction qui se réalise et convoque la mémoire,
renvoyant à des intérieurs recomposés autant qu'imaginés.
Trois vidéos de Michael Roy diffusées sur une télévision procèdent du
même principe de montage qui transforme le réel. Paysages et vues
intérieures s'enchaînent, souvenirs de vacances, nostalgie et temps
arrêté se fondent.
Association d'idées et de démarches artistiques, rapprochements
formels, mais surtout appel à la rêverie et au souvenir, ont déterminé le
choix des autres oeuvres exposées.
Les montagnes d'Alexia Turlin et de Pascale Favre sont dessinées
de mémoire. Celles de Tito Honneger, croquées sur place, sont reprises
à l'encre épaisse sur une plaque de verre pour être imprimées sur de
fragiles feuilles de papier.
Jean-Luc Verna transpose aussi ses propres dessins qu'il photocopie,
transfère sur de vieux papiers et rehausse au crayon et au maquillage.
Reprises de l'emblème de la Paramount, ses Paramours montrent un
Cervin qu'il n'a jamais vu!
Les dessins de Siripoj Chamroenvidhya ou les sténopés de Claire-
Annette Mussard sont aussi les fantômes d'une réalité filtrée par un
regard singulier. Même le tableau de John Coindet, si réaliste à première
vue, est une composition d'atelier. Avec ces artistes, l'espace Abraham
Joly s'ouvre sur l'extérieur et la montagne autant que sur des visions
intérieures et des bribes de souvenirs.
Claude-Hubert Tatot
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Nouvelle présentation à partir du 2 février 2009 |
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Patrimoine et création contemporaine, un cabinet de curiosité à l’hôpital. |
Les affaires culturelles des HUG ont fêté leurs dix ans. Leurs nombreuses activités s’adressent au plus grand nombre et explorent divers champs de l’art. Mieux encore, les expositions, concerts, lectures, publications et colloques attestent d’une vraie réflexion pour lancer des passerelles entre l’hôpital et la cité. S’agissant des arts plastiques cette volonté d’ouverture relève d’une tradition déjà ancienne. L’hommage rendu actuellement à Marcel Christin par l’exposition de sa collection et de documents montre l'engagement pour présenter l’art contemporain à l’hôpital, la création d’un cabinet de curiosité dans l’espace Abraham Joly s’inscrit dans cette lignée.
Cette idée esquissée lors des 5es rencontres de l’art à l’hôpital et développée dans un texte permet en fait de rassembler peintures, sculptures ou estampes acquises pour décorer l’hôpital, travaux produits ou offerts par des patients et objets de médecine. La proposition s’inscrit aussi dans une histoire et prolonge celle du musée constitué entre 1925 et 1938 par le Professeur Charles Ladame. Si la nostalgie et le goût du passé incitent à prendre ce premier cabinet de curiosité pour modèle, il n’est pourtant pas question de le reconstituer. En effet comme le disent justement Jacques Boesch et Anne-Laure Oberson l’art à l’hôpital doit tisser des liens entre l’établissement et la ville d’ou la nécessité de rester en prise avec l’actualité sans succomber au passéisme.
Justement aujourd’hui nombre d’artistes s’intéressent aux objets de l’art ou du quotidien créés par d’autre comme à la remise au jour de collections constituées. Invité durant six mois à collaborer avec le service des affaires culturelles nous nous attacherons avec des artistes à redonner à voir une partie du patrimoine longuement collectionné et conservé par les HUG.
L’exposition Marcel Christin évoque son appartement par des œuvres lui appartenant et par deux photographies qui en restituent l’ambiance grandeur nature. Ces deux pans de murs constituent plus qu’un décor sur lequel s’appuyer pour ajouter à cet intérieur des objets de cette collection et accueillir des interventions artistiques ponctuelles. Pour rendre l’idée d’un mélange des genres, des goûts et des strates de ces acquisitions les modifications se feront par ajouts successifs.
Il importe tout d’abord de réintroduire comme dans tout intérieur moderne et dans les chambres de l’hôpital une télévision ne diffusant pas les programmes habituels mais un choix de vidéos d’artistes vivants. Puisqu’il s’agit d’un appartement autant que d’une galerie retraçant l’histoire singulière de l’art à l’hôpital, des portraits de médecins installés dans l’esprit des salles des hommes illustres seraient encore les bienvenus tout comme les productions de patients.
Sans faire évènement ni monter une exposition permanente, il faut conserver à l’espace Abraham Joly ses fonctions d’accueil tout en changeant progressivement le décor et en mariant patrimoine et création contemporaine pour inviter tous les curieux à découvrir ou redécouvrir combien l’art et l’hôpital font bon ménage à Genève depuis longtemps déjà.
Claude-Hubert Tatot
Historien de l’art et enseignant à la Haute école d’art
et de design de Genève
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Commissaire du cabinet des curiosités de janvier à juin 2009 |
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