à propos
la mission de l'art à l'hôpital
Les affaires culturelles des Hôpitaux universitaires de Genève ont pour mission d’offrir sur l’ensemble du parc hospitalier des HUG, à savoir sur les quatre sites principaux ainsi que dans les diverses consultations en ville, une présence de l’art et de la culture qui contribue quotidiennement à la qualité de l’environnement des lieux de soins et de travail.
Elles développent depuis 14 ans un important programme de manifestations artistiques et culturelles au sein de l'environnement hospitalier universitaire: expositions, concerts, décoration des bâtiments, conférences, éditions d'ouvrages historiques et critiques et de catalogues d’exposition.
La présence de l’art et de la culture dans les couloirs de l’hôpital anime – au sens premier de donner âme – des lieux forcément trop techniques et fonctionnels, stimule l’esprit de recherche, améliore instantanément le confort émotionnel du patient, s’adresse à tous les publics, interne comme externe, tisse des liens étroits avec divers réseaux de la cité, et contribue à une environnement fertile.
Sous la nouvelle responsabilité d’Anne-Laure Oberson depuis janvier 2011, l’objectif des affaires culturelles est de conserver l’esprit d’ouverture mis en place par son prédécesseur Jacques Boesch tout en développant l’orientation des activités destinées aux patients et aux collaborateurs et en assurant la conservation et la mise en valeur du patrimoine artistique et culturel des HUG. La politique culturelle hospitalière proposée repose sur trois points d’actions prioritaires qui représentent des champs d’interventions interdépendants et complémentaires pour former une vision cohérente d’une culture hospitalière holistique:
1. La pratique artistique relationnelle
vise à mieux inclure les patients dans des projets interactifs en privilégiant des manifestations artistiques dynamiques et innovantes qui leur soient destinées. L’esthétique relationnelle est un concept qui permet de jeter un pont entre l’art contemporain et l’art thérapie. Il importe de prolonger cette vision, défendue depuis plusieurs années grâce à des expositions d’œuvres sensibles et réflexives, par l’élaboration d’une véritable pratique artistique relationnelle, à savoir la mise en place de projets basés sur la collaboration, le partenariat, l’interaction et l’engagement des soignants et des patients dans des projets « sur mesure ». Au-delà des activités traditionnelles, ce sont de nouvelles formes d’intervention artistique qu’il convient d’inventer et ainsi de stimuler la créativité au sein de l’institution.
Les exemples de projets déjà mis en place sont le Cabinet des curiosités, un lieu de recherche, de réflexion et de récréation ouvert aux patients sur le site de Belle-Idée, les brochures intitulées Parcours des œuvres, guides de promenades mis à disposition des patients et visiteurs pour chacun des sites hospitaliers.
2. L’héritage culturel institutionnel
assure la pérennité et la transmission des biens et de la mémoire vivante par la valorisation du patrimoine artistique et culturel de l’institution, de Genève et de la Suisse. La collection des HUG d’œuvres d’art et d’objets de la médecine, ainsi que ses histoires, représente une valeur historique, culturelle et financière inestimable qui doit faire l’objet de toute notre attention si nous voulons la préserver et la léguer.
En amont de toute manifestation, la conservation du patrimoine garantit la préservation des œuvres, témoigne de notre appartenance à une histoire commune et partagée, favorise la transmission des savoirs et assure la pérennité des investissements pour les générations futures. La mise en valeur de cet héritage institutionnel, œuvres d’art et objets de la médecine, ancre la culture hospitalière dans l’histoire genevoise et suisse de manière singulière et exemplaire. Cette tâche permet aussi de continuer à collectionner des œuvres et ainsi à décorer les bâtiments.
Les exemples de projets entrepris à ce jour sont le Cabinet des curiosités, une vitrine des recherches et leur mise en valeur par le partage des informations, l’édition De 1897 à aujourd’hui. Histoires d’un art hospitalier, qui retrace en plusieurs volumes la mémoire vivante de l’institution avant que celle-ci ne disparaisse.
3. La décoration artistique
place les œuvres d’art à proximité des patients et des soignants pour leur mieux-vivre au quotidien et offre ainsi une prestation humaine par excellence. L’environnement influence directement l’humeur, y porter son attention est donc une priorité simple et efficace. La mise en place de décorations adéquates repose sur l’accessibilité des œuvres, la compétence d’une personne habilitée à leur gestion, disposition et suivi afin de répondre promptement aux nombreuses demandes, ainsi qu’une étroite collaboration avec les départements et services médicaux et les services d’exploitation.
Les expositions et concerts, manifestations temporaires principalement dédiées aux visiteurs et publics externes, actuellement au programme des affaires culturelles, sont maintenues et réorientées graduellement dans le nouvel esprit d’une présence principalement destinée au patient.
Dès les années vingt, le sémioticien Mikhail Bakhtine énonce que la totalité d'un fait artistique réside à la fois, et non pas isolément, dans la chose (l'œuvre), dans le psychisme du créateur et dans celui du spectateur. C'est ce rapport réciproque qui définit une œuvre relationnelle. Un rapport de dépendance et d'influence entre les acteurs impliqués, celui qui fait l'œuvre, l'œuvre même et celui qui la regarde.
citations
"Placer l'art sous la souveraineté de l'échange et du dialogue en ménageant une place active au spectateur et en orientant la démarche vers l'Autre est une façon pour l'art de résonner avec le monde, de se séculariser, voire de résister modestement: à l'exclusion de l'Autre, à l'isolement, à l'individualisme."
André Rouillé
